Un avis d’inaptitude vous laisse un mois pour agir
L’avis est arrivé, et le compteur tourne. Un mois plus tard, si rien n’a été fait, vous payez un salarié qui ne travaille pas. Entre les deux se placent une recherche de reclassement dont la forme compte autant que le fond, une consultation du CSE qui n’est pas toujours due, et une notification qui doit dire pourquoi le reclassement était impossible. Nous conduisons cette séquence pour vous.
c’est le délai après l’examen médical au-delà duquel vous devez reprendre le versement intégral du salaire, si le salarié n’est ni reclassé ni licencié
L’avis est sur votre bureau, et vous ne savez pas par quoi commencer
Ce que l’inaptitude impose vraiment à l’entreprise
La procédure d’inaptitude est celle qui produit le plus de licenciements annulés, presque toujours pour des raisons de forme. Deux décisions récentes ont pourtant nettement amélioré la position de l’employeur qui s’y prend correctement. Les repères ci-dessous sont présentés à titre général et se vérifient au regard des textes en vigueur et de votre convention collective.
Le délai d’un mois est un délai de paiement, pas un délai de procédure
Passé un mois à compter de l’examen médical ayant conclu à l’inaptitude, si le salarié n’est ni reclassé ni licencié, l’entreprise reprend le versement intégral du salaire correspondant à son emploi, sans contrepartie de travail. Le délai n’interdit rien et ne fait tomber aucune procédure : il coûte. Il court quelle que soit la difficulté de la recherche de reclassement et quelle que soit la charge de travail du service qui la mène, ce qui explique que les entreprises qui perdent du temps au début le paient jusqu’à la notification.
Deux mentions sur l’avis changent toute la procédure
Lorsque le médecin du travail écrit que tout maintien du salarié dans un emploi serait gravement préjudiciable à sa santé, ou que son état de santé fait obstacle à tout reclassement dans un emploi, l’employeur est dispensé de rechercher un reclassement. La Cour de cassation a jugé que cette dispense emporte aussi dispense de consulter le comité social et économique, et l’a confirmé par un arrêt publié. Ces deux formules sont donc la première chose à vérifier sur l’avis : selon qu’elles y figurent ou non, la procédure comporte trois étapes ou une seule.
La consultation du CSE est due même sans proposition
Hors dispense, le comité doit être consulté avant toute proposition de reclassement, et cette obligation subsiste lorsque la recherche n’a débouché sur aucun poste : le comité se prononce alors sur l’absence de solution. C’est l’oubli le plus fréquent, parce qu’il paraît absurde de consulter sur une proposition qui n’existe pas. En inaptitude d’origine professionnelle, l’irrégularité se paie d’une indemnité qui ne peut être inférieure à douze mois de salaire.
La recherche de reclassement bénéficie désormais d’une présomption
En septembre 2024, la Cour de cassation a posé une règle nettement favorable à l’employeur : celui qui propose loyalement un emploi approprié aux capacités du salarié, tenant compte des préconisations du médecin du travail et aussi comparable que possible au précédent, est réputé avoir satisfait à son obligation, et c’est au salarié qu’il revient de démontrer la déloyauté de la recherche. Le renversement est important, mais il se mérite : la présomption ne joue que si la proposition remplit chacun de ces critères, ce qui suppose de pouvoir montrer sur quel périmètre la recherche a porté et pourquoi les postes écartés l’ont été.
Un refus ne clôt pas toujours la recherche
La même année, la Cour a jugé que le refus d’un poste entraînant une baisse substantielle de rémunération ne libère pas l’employeur : il doit alors proposer d’autres emplois ou établir qu’il n’en existe aucun. Un refus est donc un événement à traiter, pas un point final. Ce qui protège l’entreprise, c’est de pouvoir montrer ce qui a été proposé, ce qui a été refusé, et ce qui restait disponible au moment du refus.
La lettre doit dire pourquoi le reclassement était impossible
Avant de licencier, l’employeur fait connaître par écrit au salarié les motifs qui s’opposent à son reclassement. Cette obligation est distincte de la motivation de la lettre de licenciement, et elle est souvent traitée comme une formalité alors qu’elle constitue la pièce que le juge lira en premier. Des motifs vagues, ou rédigés après coup, ruinent le bénéfice d’une recherche pourtant sérieuse.
L’avis se conteste, mais en quinze jours
L’employeur comme le salarié peuvent contester l’avis du médecin du travail devant le conseil de prud’hommes, selon la procédure accélérée au fond, dans un délai de quinze jours à compter de sa notification. Le juge désigne un médecin inspecteur du travail et sa décision se substitue à l’avis contesté. La saisine ne suspend pas les obligations de l’employeur, qui continue donc de chercher un reclassement ou d’engager la rupture pendant ce temps. Quinze jours passent vite, et ce délai est le seul du dossier qui ne se rattrape pas.
L’origine de l’inaptitude double la facture
Lorsque l’inaptitude résulte d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, le salarié perçoit une indemnité spéciale de licenciement égale au double de l’indemnité légale, ainsi qu’une indemnité compensatrice de préavis, alors qu’aucun préavis n’est dû en inaptitude d’origine non professionnelle. La qualification n’est donc pas un détail administratif, et elle s’apprécie au moment du licenciement, en fonction de ce que l’employeur connaissait alors.
Comment nous traitons un avis d’inaptitude
On lit l’avis avant tout le reste, parce que c’est lui qui détermine le nombre d’étapes.
Lire les mentions exactes de l’avis
Dispense de reclassement ou non, origine professionnelle ou non, préconisations formulées : trois lectures qui décident de la procédure et de son coût.
Poser le calendrier du mois
Recherche, consultation du comité, propositions, entretien préalable, notification : les étapes se placent d’emblée sur un calendrier, sans quoi le délai d’un mois est dépassé avant la première réunion.
Vérifier ce que la recherche a réellement couvert
Périmètre balayé, postes existants, motifs d’exclusion, traces écrites : nous contrôlons ce que l’entreprise a fait et ce qui manque, avant que le juge ne le fasse.
Écrire les motifs qui s’opposent au reclassement
C’est la pièce lue en premier en cas de contestation. Elle se rédige à partir de la recherche réellement conduite, jamais à partir d’un modèle.
Un licenciement pour inaptitude ne se perd presque jamais sur le fond. Il se perd sur une consultation oubliée ou une recherche que rien ne documente.
Ce que Qavance fait sur une inaptitude
Notre prestation principale consiste à conduire toute la procédure pour vous, de la lecture de l’avis à la notification. Les trois autres se mobilisent selon que la recherche de reclassement doit être vérifiée, que l’avis lui-même mérite d’être contesté, ou que le licenciement est déjà attaqué.
Conduire toute la procédure d’inaptitude
La prestation centrale : lecture de l’avis et de ses mentions, calendrier du mois, consultation du comité social et économique lorsqu’elle est due, formalisation des propositions et des refus, motifs écrits s’opposant au reclassement, entretien préalable et notification.
Ce que vous recevezLe calendrier de la procédure, les écrits de chaque étape et la lettre de licenciement rédigée mot à mot.
Vérifier que la recherche de reclassement tient
Nous ne cherchons pas les postes à votre place : nous contrôlons que la recherche que vous avez menée couvre le bon périmètre, qu’elle est traçable et qu’elle vous fait bénéficier de la présomption posée par la Cour de cassation.
Ce que vous recevezUn avis écrit sur la solidité de la recherche, avec la liste de ce qui manque avant de notifier.
Contester l’avis du médecin du travail
Quand l’avis paraît sans rapport avec l’état du salarié ou avec les exigences réelles du poste : saisine du conseil de prud’hommes selon la procédure accélérée au fond, dans les quinze jours de la notification.
Ce que vous recevezLa requête déposée dans le délai et le suivi de l’expertise du médecin inspecteur du travail.
Défendre le licenciement contesté
Lorsque le salarié saisit le conseil de prud’hommes : constitution du dossier de preuve, chiffrage du risque, conclusions et représentation de l’entreprise à l’audience.
Ce que vous recevezLe dossier de preuve constitué et les conclusions déposées devant le conseil de prud’hommes.
Trois expertises sur le même dossier, un seul interlocuteur
Une inaptitude se joue sur une procédure juridique, sur la qualité d’une recherche interne, et parfois sur ce qui a rendu le salarié inapte.
Un avocat en droit du travail
Inscrit à un barreau français et tenu au secret professionnel, il lit l’avis, fixe le calendrier, rédige les écrits de chaque étape, conteste l’avis si c’est justifié et défend l’entreprise devant le conseil de prud’hommes.
Un spécialiste RH
Il vérifie que la recherche de reclassement que vous avez menée couvre le bon périmètre et qu’elle est traçable, poste par poste. Il ne recherche pas les postes à votre place, il contrôle ce qui a été fait et signale ce qui manque.
Un psychologue du travail
Il intervient lorsque l’inaptitude est d’origine psychique, épuisement, conflit ou situation dégradée : il éclaire l’employeur sur ce qui s’est joué et sur ce qu’un aménagement rendrait ou non possible.
Les réflexes qui font annuler un licenciement pour inaptitude
Ne pas consulter le comité faute de proposition
Hors dispense expresse, le comité se prononce même quand la recherche n’a rien donné. L’oubli coûte au minimum douze mois de salaire lorsque l’inaptitude est d’origine professionnelle.
Chercher sans laisser de trace
Une recherche sérieuse mais orale ne se démontre pas. Le périmètre balayé, les postes examinés et les motifs d’exclusion s’écrivent au fur et à mesure, pas au moment du contentieux.
Traiter un refus comme un point final
Le refus d’un poste nettement moins rémunéré ne libère pas l’employeur. Il faut proposer autre chose ou pouvoir établir qu’il n’existait rien d’autre à ce moment-là.
Reprendre un modèle pour les motifs de non-reclassement
Cet écrit est lu en premier par le juge. Des motifs génériques annulent le bénéfice d’une recherche pourtant réelle, parce qu’ils ne disent rien de ce qui a été fait.
Laisser passer les quinze jours de contestation
Un avis qui paraît excessif ne se discute plus après ce délai. C’est le seul délai du dossier qui ne se rattrape pas, et il court dès la notification de l’avis.
La Cour de cassation a jugé que l’employeur qui propose loyalement un emploi approprié aux capacités du salarié, conforme aux préconisations du médecin du travail et aussi comparable que possible au précédent, est réputé avoir satisfait à son obligation de reclassement : c’est au salarié de prouver une déloyauté. Encore faut-il pouvoir montrer ce qui a été cherché, et où.
Comment cela se passe
Une prise en main rapide, parce que le délai d’un mois court dès l’examen médical.
Vous nous transmettez l’avis
L’avis d’inaptitude et ses mentions exactes, le contrat du salarié, son ancienneté, l’organigramme de l’entreprise et du groupe, et l’historique de l’arrêt ou de l’accident à l’origine de la situation.
Vous recevez le calendrier et la marche à suivre
Nombre d’étapes selon les mentions de l’avis, dates limites, périmètre de recherche à couvrir, et le point de savoir si une contestation de l’avis se justifie.
La procédure est conduite jusqu’à la notification
Écrits de chaque étape, consultation du comité, formalisation des propositions, motifs de non-reclassement, entretien préalable et lettre de licenciement, puis défense si la rupture est contestée.
Les questions que se posent les employeurs sur l’inaptitude
Que se passe-t-il si le mois est dépassé sans reclassement ni licenciement ?
L’entreprise reprend le versement intégral du salaire correspondant à l’emploi occupé avant la suspension du contrat, sans que le salarié travaille, et ce jusqu’à ce que la situation soit réglée. Le délai d’un mois court à compter de l’examen médical ayant conclu à l’inaptitude. Il ne fait tomber aucune procédure et n’interdit rien : il déclenche simplement une obligation de paiement qui s’ajoute au coût de la rupture. C’est la raison pour laquelle la première décision à prendre n’est pas juridique mais organisationnelle, poser le calendrier des étapes dès la réception de l’avis, parce qu’une consultation du comité et une recherche de postes ne s’improvisent pas en quelques jours.
Dans quels cas peut-on licencier sans chercher de reclassement ?
Uniquement lorsque l’avis du médecin du travail porte l’une des deux mentions expresses prévues par les textes, à savoir que tout maintien du salarié dans un emploi serait gravement préjudiciable à sa santé, ou que son état de santé fait obstacle à tout reclassement dans un emploi. Ces formules doivent figurer telles quelles : une reformulation approchante ne produit pas la dispense. Lorsqu’elles y sont, la Cour de cassation a jugé, par un arrêt publié, que l’employeur est également dispensé de consulter le comité social et économique. La procédure se réduit alors à l’entretien préalable et à la notification, ce qui rend la lecture attentive de l’avis déterminante dès le premier jour.
Faut-il consulter le CSE quand aucun poste de reclassement n’existe ?
Oui, hors dispense expresse figurant sur l’avis. Le comité social et économique doit être consulté avant toute proposition de reclassement, et cette obligation subsiste lorsque la recherche n’a débouché sur aucun poste : le comité se prononce alors sur l’absence de solution et sur les motifs qui l’expliquent. C’est l’irrégularité la plus fréquente, parce qu’il paraît contre-intuitif de consulter sur une proposition inexistante. La sanction est lourde lorsque l’inaptitude est d’origine professionnelle, avec une indemnité qui ne peut être inférieure à douze mois de salaire. La consultation se prépare donc dès le début, avec le compte rendu de la recherche déjà conduite.
Jusqu’où l’employeur doit-il chercher un poste de reclassement ?
Le poste doit être approprié aux capacités du salarié, tenir compte des préconisations écrites du médecin du travail et être aussi comparable que possible à l’emploi précédent, au besoin par une mutation, un aménagement, une adaptation ou une transformation du poste, ou un aménagement du temps de travail. Le périmètre s’étend à l’entreprise et, lorsqu’elle appartient à un groupe, aux entreprises du groupe situées sur le territoire national dont l’organisation, les activités ou le lieu d’exploitation permettent une permutation de tout ou partie du personnel. Depuis septembre 2024, l’employeur qui propose loyalement un tel emploi est réputé avoir satisfait à son obligation, la preuve d’une déloyauté incombant au salarié. Encore faut-il pouvoir établir sur quel périmètre la recherche a porté.
Le salarié refuse le poste proposé : la procédure peut-elle continuer ?
Pas systématiquement. La Cour de cassation a jugé en mars 2024 que le refus d’un poste entraînant une baisse substantielle de rémunération ne libère pas l’employeur de son obligation : il doit alors proposer d’autres emplois compatibles, ou établir qu’il n’en existe aucun. Le refus est donc un événement à documenter et à traiter, non une autorisation à notifier. En pratique, ce qui protège l’entreprise est de conserver la trace de ce qui a été proposé, du motif du refus tel que le salarié l’a exprimé, et de l’état des postes disponibles à cette date. Un refus non motivé, ou portant sur un poste réellement équivalent, place l’employeur dans une position nettement plus solide.
Comment contester un avis d’inaptitude qui paraît excessif ?
L’employeur peut saisir le conseil de prud’hommes selon la procédure accélérée au fond, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’avis. Le juge désigne alors un médecin inspecteur du travail, qui peut demander un nouvel examen ou des consultations complémentaires, et la décision rendue se substitue à l’avis contesté. Deux points méritent d’être connus. Le délai de quinze jours est strict et c’est le seul du dossier qui ne se rattrape pas. Et la saisine ne suspend pas les obligations de l’employeur, qui doit continuer à chercher un reclassement ou à conduire la rupture pendant l’instance, ce qui suppose de mener les deux de front.
Qu’est-ce que l’inaptitude d’origine professionnelle change pour l’entreprise ?
Lorsque l’inaptitude fait suite à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, le salarié perçoit une indemnité spéciale de licenciement égale au double de l’indemnité légale, ainsi qu’une indemnité compensatrice de préavis, alors qu’aucun préavis n’est dû lorsque l’inaptitude est d’origine non professionnelle. Les sanctions procédurales sont également plus lourdes, avec un plancher de douze mois de salaire en cas de manquement à l’obligation de reclassement ou de consultation. L’origine s’apprécie au regard de ce que l’employeur connaissait au moment du licenciement, ce qui rend utile de reconstituer l’historique de l’arrêt avant d’engager la procédure. Sur les obligations qui suivent un accident, voir la page <a href="/situations/accident-du-travail/">Un accident du travail vient de se produire</a>.
Peut-on éviter l’inaptitude en aménageant le poste avant l’avis ?
C’est souvent la meilleure issue, et elle se joue avant l’examen de reprise. La visite de pré-reprise, organisée pendant l’arrêt, permet au médecin du travail de préconiser un aménagement de poste, une adaptation des horaires ou une reprise progressive, et donne à l’entreprise le temps d’étudier ce qui est réalisable. Beaucoup d’inaptitudes se déclarent parce que rien n’a été préparé et que la reprise se présente comme un retour au poste antérieur, à l’identique. Lorsque l’origine de l’arrêt est psychique, un regard extérieur sur ce qui s’est joué dans l’équipe évite souvent de reproduire les conditions du départ. Sur l’organisation du retour, voir la page <a href="/situations/retour-apres-longue-absence/">Un salarié revient après une longue absence</a>.
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L’inaptitude ne se perd pas sur le fond. Elle se perd sur la forme.
Premier échange confidentiel et sans engagement.