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Discipline · Sanction

Une sanction mal calibrée vous prive de la suivante

Des faits vous sont remontés et vous voulez réagir. Trois questions se posent avant toute chose : ces faits sont-ils encore sanctionnables, quelle sanction votre règlement intérieur vous autorise à prononcer, et à quel moment la procédure doit-elle être engagée. Une erreur sur l’une des trois ne coûte pas seulement la sanction : elle vous ferme la possibilité de sanctionner à nouveau les mêmes faits.

Faits qualifiés avant d’écrireDélais tenusAvocat en droit du travail
Code du travail · Article L1332-2
1 mois

c’est le délai maximal pour notifier la sanction après l’entretien préalable, et pas moins de deux jours ouvrables après. Passé ce délai, ces faits ne se sanctionnent plus

Vous êtes peut-être ici pour ça

Vous voulez sanctionner, et vous ne savez pas jusqu’où vous pouvez aller

Les faits vous ont été rapportés il y a quelques semaines et vous ignorez si le délai est passé.
Vous hésitez entre un avertissement, une mise à pied et une procédure de licenciement.
Vous avez écarté le salarié dans l’urgence et vous ne savez pas ce que cela vous engage.
Le fond du sujet

Ce qui décide de la solidité d’une sanction

Le droit disciplinaire est un domaine où la forme conditionne le fond, et où une erreur ne se rattrape presque jamais. Les repères ci-dessous sont présentés à titre général et se vérifient au regard des textes en vigueur, de votre convention collective et de votre règlement intérieur.

Ce qui est une sanction, et ce qui n’en est pas une

Constitue une sanction toute mesure, autre que de simples observations verbales, prise à la suite d’un comportement considéré comme fautif et de nature à affecter, immédiatement ou non, la présence du salarié, sa fonction, sa carrière ou sa rémunération. La définition est large et attrape des décisions que les entreprises ne perçoivent pas comme telles : un courrier de recadrage rédigé en termes de reproche, un retrait de responsabilités, un changement d’affectation décidé après un incident. Dès qu’une mesure entre dans cette définition, elle obéit au droit disciplinaire, avec ses délais et ses conséquences.

Deux mois pour engager, un mois pour notifier

Deux délais se succèdent et se confondent souvent. L’employeur dispose de deux mois à compter du jour où il a eu connaissance des faits pour engager la procédure. Une fois l’entretien préalable tenu, la sanction se notifie au plus tôt deux jours ouvrables après, et au plus tard un mois après. Passé ce second délai, la sanction ne peut plus être prononcée pour ces faits, quelle que soit leur gravité. Le point de départ du premier délai mérite l’attention : c’est la connaissance exacte des faits par l’employeur, et non le jour où il décide d’y donner suite.

Un fait ne se sanctionne qu’une fois

C’est la règle la plus coûteuse en pratique. Un avertissement épuise le pouvoir disciplinaire pour les faits qu’il vise : l’entreprise qui écrit une lettre de recadrage, puis constate que la situation ne s’améliore pas, ne peut plus licencier pour ces mêmes faits. Elle devra attendre de nouveaux manquements. Cela ne signifie pas qu’un avertissement soit inutile, au contraire : il construit le dossier. Mais il se rédige en sachant précisément ce qu’il consomme.

Une sanction absente du règlement intérieur ne peut pas être prononcée

Dans une entreprise dotée d’un règlement intérieur, celui-ci fixe la nature et l’échelle des sanctions applicables, et une mesure qui n’y figure pas ne peut être infligée. Beaucoup de règlements se contentent d’une formule vague ou n’ont pas été actualisés depuis des années, si bien que la mise à pied disciplinaire ou la rétrogradation qu’on souhaite prononcer n’y est tout simplement pas prévue. Ce point se vérifie avant de choisir la sanction, pas après avoir convoqué.

La mise à pied conservatoire n’est pas une sanction, sauf si vous tardez

Écarter immédiatement un salarié pour des faits graves est une mesure d’attente, destinée à couvrir le temps de la procédure. Elle ne vaut qu’à une condition : que la procédure soit engagée aussitôt. Les juges ont posé des repères concrets. Trois jours ont été jugés raisonnables. Six jours ont été jugés excessifs, entraînant la requalification. Treize jours ont été admis, mais parce que la complexité de l’enquête interne le justifiait. Hors de cette dernière hypothèse, tout délai qui s’étire expose l’entreprise.

Ce que coûte une requalification

Requalifiée en mise à pied disciplinaire, la mesure devient une sanction à part entière. Elle épuise alors le pouvoir disciplinaire, et le licenciement prononcé ensuite pour les mêmes faits se trouve privé de cause. L’entreprise a donc sanctionné deux fois sans le vouloir, et perd le licenciement qu’elle préparait. S’y ajoute la question du salaire : il n’est pas dû pendant la mise à pied conservatoire si la faute grave est finalement retenue, mais il l’est si elle ne l’est pas, ou si la mesure est requalifiée.

Le juge contrôle la proportionnalité

Une sanction irrégulière dans sa forme, injustifiée dans son principe ou disproportionnée au regard des faits peut être annulée. Le juge apprécie l’ancienneté, les antécédents, le poste occupé, le caractère isolé ou répété du manquement et les conséquences réelles pour l’entreprise. Deux précisions comptent : les sanctions pécuniaires sont interdites et nulles de plein droit, aucune retenue sur salaire ne pouvant tenir lieu de sanction ; et une sanction de plus de trois ans ne peut plus être invoquée à l’appui d’une nouvelle.

L’entretien préalable peut geler la procédure

Un risque récent mérite d’être connu avant de convoquer. Les juges reconnaissent désormais comme accident du travail le malaise survenu pendant un entretien préalable, et même le choc éprouvé à la réception de la convocation, sans exiger ni gravité particulière ni faute de l’employeur. La reconnaissance suspend le contrat et déclenche la protection contre le licenciement, y compris lorsque la procédure était déjà engagée. Pendant ce temps, le délai de deux mois continue de courir. C’est une raison de plus de qualifier les faits et d’arrêter la stratégie avant d’envoyer le premier courrier.

Notre méthode

Comment nous préparons une sanction

On vérifie d’abord si la sanction est encore possible, et laquelle.

01

Dater la connaissance des faits

Le délai de deux mois court depuis le jour où l’employeur a su, pas depuis celui où il décide d’agir. Cette date s’établit avant tout le reste.

02

Vérifier ce que le règlement autorise

L’échelle des sanctions du règlement intérieur commande le choix. Une mesure qui n’y figure pas ne peut pas être prononcée.

03

Mesurer ce que la sanction consomme

Un avertissement épuise le pouvoir disciplinaire pour les faits visés. Le choix se fait en sachant ce qu’il ferme pour la suite.

04

Tenir le calendrier au jour près

Deux mois pour engager, deux jours ouvrables au plus tôt et un mois au plus tard pour notifier, et quelques jours seulement après une mise à pied conservatoire.

Le point Qavance

Sanctionner deux fois les mêmes faits est impossible. La vraie question n’est pas quelle sanction prononcer, mais ce que cette sanction vous interdira de faire ensuite.

Nos prestations

Ce que Qavance fait sur une sanction disciplinaire

Notre prestation principale consiste à qualifier les faits et à vous dire quelle sanction est possible, et à quel prix. Les trois autres se mobilisent selon que la procédure doit être conduite, que votre règlement intérieur doit être repris, ou que la sanction est déjà contestée.

01

Qualifier les faits et choisir la sanction

La prestation centrale : datation de la connaissance des faits et vérification de la prescription, examen des preuves disponibles, lecture de l’échelle des sanctions applicable, et recommandation motivée sur la mesure à retenir et ses conséquences.

Ce que vous recevezUne note écrite qui dit si les faits sont encore sanctionnables, quelle sanction est possible et ce qu’elle ferme pour la suite.

02

Rédiger la sanction et conduire la procédure

Convocation lorsqu’elle est due, préparation de l’entretien avec le manager, notification écrite et motivée dans les délais, et cadrage d’une mise à pied conservatoire si les faits l’imposent.

Ce que vous recevezLes courriers rédigés mot à mot, la trame d’entretien et le calendrier des échéances au jour près.

03

Sécuriser l’échelle des sanctions

Vérification et refonte de la partie disciplinaire du règlement intérieur, pour que les sanctions que vous voulez pouvoir prononcer y figurent réellement, et conduite de la procédure d’adoption qui les rend opposables.

Ce que vous recevezL’échelle des sanctions rédigée et le calendrier de la procédure d’adoption jusqu’à l’affichage.

04

Défendre la sanction contestée

Lorsque le salarié saisit le conseil de prud’hommes pour faire annuler la mesure : constitution du dossier de preuve, démonstration de la proportionnalité, conclusions et représentation à l’audience.

Ce que vous recevezLe dossier de preuve constitué et les conclusions déposées devant le conseil de prud’hommes.

Les expertises mobilisées

Deux expertises sur le même dossier, un seul interlocuteur

Une sanction se décide sur du droit et se gagne sur des preuves.

Un avocat en droit du travail

Inscrit à un barreau français et tenu au secret professionnel, il vérifie la prescription, qualifie les faits, arrête la sanction au regard de l’échelle applicable, rédige les écrits et défend la mesure devant le conseil de prud’hommes.

Un spécialiste RH

Il reconstitue la chronologie, recueille les témoignages pendant qu’ils sont exploitables, rassemble les antécédents et le dossier du salarié, et prépare le manager qui conduira l’entretien.

Les erreurs à éviter

Les erreurs qui annulent une sanction

Attendre d’y voir plus clair

Le délai de deux mois court depuis la connaissance des faits. Une enquête interne se conduit vite, et le temps de la réflexion se prend à l’intérieur du délai, pas après.

Écrire un avertissement puis vouloir licencier

La première sanction épuise le pouvoir disciplinaire pour les faits visés. Le licenciement prononcé ensuite pour les mêmes faits est privé de cause.

Prononcer une sanction absente du règlement

Dans une entreprise dotée d’un règlement intérieur, une mise à pied ou une rétrogradation qui n’y est pas prévue ne peut pas être infligée.

Laisser traîner après une mise à pied conservatoire

Six jours ont été jugés excessifs. La mesure devient alors une sanction, et le licenciement préparé pour les mêmes faits tombe avec elle.

Retenir une somme sur le salaire

Les sanctions pécuniaires sont interdites et nulles de plein droit. Aucune retenue, aucune amende, aucune privation de prime ne peut tenir lieu de sanction.

Mise à pied conservatoire : le compte à rebours

Écarter un salarié sans engager la procédure aussitôt expose à la requalification en sanction. Les juges ont admis trois jours, refusé six jours, et toléré treize jours seulement parce que la complexité de l’enquête le justifiait. La conséquence est lourde : le pouvoir disciplinaire est épuisé et le licenciement préparé pour les mêmes faits perd sa cause.

L'accompagnement

Comment cela se passe

Une réponse rapide, parce que le premier délai a commencé à courir avant votre appel.

01

Vous nous exposez les faits

Ce qui s’est passé et à quelle date, le jour où vous l’avez su, les preuves et témoignages disponibles, le poste et les antécédents du salarié, et votre règlement intérieur.

02

Vous savez ce qui est possible et ce que cela ferme

Prescription, sanctions ouvertes par votre règlement, proportionnalité au regard du dossier, et conséquences de chaque option sur la suite.

03

La procédure est conduite dans les délais

Convocation, préparation de l’entretien, notification motivée, et défense de la mesure si le salarié la conteste.

Nos engagements
48 hDevis cadré après votre demande
24 hRappel en cas d'urgence
9Expertises coordonnées sur un même dossier
1Interlocuteur unique du début à la fin
Questions fréquentes

Les questions que se posent les employeurs sur les sanctions

Quel délai pour sanctionner un salarié ?

Deux délais se succèdent. L’employeur dispose d’abord de deux mois à compter du jour où il a eu connaissance des faits pour engager la procédure, ce délai étant suspendu si des poursuites pénales sont engagées dans le même temps. Une fois l’entretien préalable tenu, la sanction se notifie au plus tôt deux jours ouvrables après et au plus tard un mois après. Passé ce second délai, ces faits ne peuvent plus être sanctionnés, quelle que soit leur gravité. Le point de départ du premier délai est celui de la connaissance exacte des faits par l’employeur, pas celui où il décide d’y donner suite : une enquête interne se conduit donc à l’intérieur du délai, et non avant qu’il ne commence.

Peut-on licencier après avoir donné un avertissement pour les mêmes faits ?

Non. Un même fait ne peut être sanctionné deux fois, et l’avertissement épuise le pouvoir disciplinaire pour les faits qu’il vise. L’entreprise qui adresse une lettre de recadrage puis constate que rien ne change ne pourra pas licencier sur ce fondement : il lui faudra de nouveaux manquements, postérieurs à l’avertissement. Le piège est fréquent parce que le courrier de recadrage paraît anodin : dès lors qu’il reproche un comportement fautif, il constitue une sanction. Cela ne rend pas l’avertissement inutile, il construit le dossier et permet de démontrer la répétition, mais il se rédige en sachant exactement ce qu’il consomme.

Quelle est la différence entre mise à pied conservatoire et disciplinaire ?

La mise à pied disciplinaire est une sanction : elle punit des faits, sa durée est fixée à l’avance, elle doit figurer dans le règlement intérieur et elle épuise le pouvoir disciplinaire pour les faits visés. La mise à pied conservatoire n’est pas une sanction : c’est une mesure d’attente, destinée à écarter immédiatement un salarié dont le maintien dans l’entreprise pose problème, le temps que la procédure se déroule. Elle n’a pas de durée fixée puisqu’elle couvre la procédure. La confusion entre les deux est l’une des principales causes d’annulation, d’autant que la seconde se transforme en la première dès que l’employeur tarde à engager la procédure.

Combien de temps peut durer une mise à pied conservatoire ?

Le texte ne fixe aucune durée, mais la jurisprudence donne des repères précis sur le délai d’engagement de la procédure qui doit la suivre. Trois jours ont été jugés raisonnables, six jours ont été jugés excessifs et ont entraîné la requalification en sanction, et treize jours ont été admis, mais uniquement parce que la complexité de l’enquête interne le justifiait. La règle pratique est donc simple : la convocation à l’entretien préalable part en même temps que la mise à pied, ou dans les tout premiers jours. Sur le salaire, il n’est pas dû pendant la mesure si la faute grave est finalement retenue, mais il l’est si elle ne l’est pas ou si la mesure est requalifiée.

Un entretien préalable est-il obligatoire pour toute sanction ?

Non, mais le critère est plus large qu’on ne le croit. L’entretien s’impose dès lors que la sanction envisagée a une incidence, immédiate ou non, sur la présence du salarié dans l’entreprise, sur sa fonction, sur sa carrière ou sur sa rémunération. Une mise à pied, une rétrogradation, une mutation disciplinaire ou un licenciement l’exigent donc. Un avertissement simple, sans incidence sur ces éléments, peut être notifié sans entretien, sauf si le règlement intérieur ou la convention collective en prévoit un. Dans tous les cas, la sanction doit être notifiée par écrit et motivée : le salarié doit pouvoir comprendre ce qui lui est reproché à la seule lecture du courrier.

Peut-on prononcer une sanction qui n’est pas prévue au règlement intérieur ?

Dans une entreprise dotée d’un règlement intérieur, non. Celui-ci fixe la nature et l’échelle des sanctions applicables, et une mesure qui n’y figure pas ne peut être infligée. C’est une cause d’annulation fréquente et évitable : beaucoup de règlements se contentent d’une formule générale ou n’ont pas été revus depuis des années, si bien que la mise à pied disciplinaire ou la rétrogradation que l’entreprise souhaite prononcer n’y est pas prévue. La vérification se fait avant de choisir la sanction. Si l’échelle est insuffisante, elle se reprend, mais la modification n’est opposable qu’après la procédure d’adoption complète, ce qui ne permet pas de traiter le dossier en cours. Voir la page <a href="/situations/reglement-interieur-conformite/">Mettre mon règlement intérieur en conformité</a>.

Peut-on retenir une somme sur le salaire à titre de sanction ?

Jamais. Les sanctions pécuniaires sont interdites et nulles de plein droit : aucune amende, aucune retenue sur salaire, aucune suppression de prime ne peut punir un comportement fautif. La règle vaut même lorsque le règlement intérieur ou le contrat semble le prévoir, et l’entreprise qui l’applique s’expose au remboursement et à des dommages-intérêts. Une nuance doit être distinguée : la réduction d’une rémunération variable liée à des résultats non atteints n’est pas une sanction, à condition qu’elle découle de règles de calcul objectives et connues à l’avance, et non d’une décision prise en réaction à un incident.

Peut-on invoquer d’anciennes sanctions pour justifier la nouvelle ?

Oui, mais dans une limite de trois ans. Une sanction prononcée depuis plus de trois ans ne peut plus être invoquée à l’appui d’une nouvelle sanction, ce qui remet le compteur à zéro pour les manquements anciens. En deçà de ce délai, les antécédents pèsent réellement dans l’appréciation de la proportionnalité, et c’est ce qui donne sa valeur à un dossier disciplinaire tenu dans la durée. Le juge, lorsqu’il contrôle une sanction, examine l’ancienneté du salarié, ses antécédents, le poste occupé, le caractère isolé ou répété du manquement et les conséquences réelles pour l’entreprise, et il peut annuler une mesure disproportionnée. Lorsque les faits justifient d’aller au-delà de la sanction, voir la page <a href="/situations/licencier-un-salarie/">Je dois licencier un salarié</a>.

La bonne sanction est celle qui ne vous ferme pas la suivante.

Premier échange confidentiel et sans engagement.